Dortmund s’impose en patron au Bayern

Grâce à une victoire convaincante à l’Allianz Arena de Munich (1-3), le Borussia Dortmund fait un grand pas vers le titre de champion de Bundesliga. Le Bayern est désormais à seize points du leader.

C’était le choc de la 24e journée de Bundesliga, entre le géant allemand, qui restait sur trois victoires consécutives dont une probante à Milan face à l’Inter en Ligue des Champions (0-1), et le leader incontesté du championnat, sur une série de six matchs sans défaite. La confrontation s’annonçait d’autant plus intéressante que le Borussia s’était imposé lors de dix de ses douze déplacements cette saison, tandis que le Bayern avait inscrit 29 buts en onze matchs à domicile. Cette rencontre était également un tournant dans la course au titre : en cas de victoire du Borussia, le Bayern (3e) était relégué à seize points du leader de la Ruhr.

Luis Van Gaal avait disposé son équipe dans son traditionnel 4-2-3-1, avec pour principale force son quatuor offensif, composé de Robben et Ribéry sur les côtés, et Müller en soutien du meilleur buteur de Bundesliga (18 buts en 23 matchs), Mario Gomez. Plus en retrait, Pranjic et Schweinsteiger étaient chargés de la récupération et de faire le lien entre la défense et l’attaque. Sur le papier, l’équipe alignée était très offensive, d’autant que les défenseurs latéraux, Luiz Gustavo et Lahm, sont réputés pour se porter régulièrement vers l’avant. L’objectif était clairement de mettre la pression sur le Borussia.

Dortmund, de son côté, était lui aussi organisé en 4-2-3-1. Sahin, assisté par Bender à la récupération, était chargé d’orienter le jeu depuis l’arrière, tandis que Grosskreutz et Götze avaient pour tâche de percuter dans les couloirs. En pointe, Barrios était soutenu par Lewandowski, plus en retrait.

Début de match complètement fou

Le Bayern s’installa d’entrée dans le camp du Borussia dès l’entame, mais était gêné par le jeu rapide vers l’avant développé dès la récupération du ballon par son adversaire. La meilleure illustration en fut l’ouverture du score de Barrios, bien lancé dans le dos de Badstuber par Grosskreutz suite à une perte de balle de Schweinsteiger (0-1, 9e). Dans la foulée, Bender manqua de peu le cadre des vingt mètres (11e).

Dans un début de match au rythme enlevé, sans temps mort, le Bayern tenta de réagir. Mais en face, le bloc défensif de Dortmund était bien organisé, limitait les espaces et pressait intelligemment son adversaire. Le Bayern allait malgré tout égaliser, sur un corner de Ribéry repris par Luiz Gustavo de volée (1-1, 16e). A peine le temps de savourer que le Borussia repassait devant. Barrios éliminait Tymoshchuk d’un petit pont, résistait au retour des défenseurs munichois et décalait Götze, qui remettait en retrait pour Sahin. Le turc se mettait sur son pied gauche, et d’une délicieuse frappe enveloppée, trouvait le petit filet du but de Kraft (1-2, 19e). Fou !

Dortmund put alors laisser venir le Bayern, défendant de manière intelligente. Robben était ainsi souvent aux prises avec deux à trois joueurs de la Ruhr, Grosskreutz ou Bender venant assister Schmelzer. On allait d’un but à l’autre, le Borussia jouant les coups à fond pour tenter de profiter des espaces laissés par les Munichois sur les côtés. Sur ces contres, les déviations de Barrios fonctionnaient à merveille.

Intelligence tactique

Les hommes de Luis Van Gaal allaient néanmoins se montrer les plus dangereux. Gomez vit d’abord son but refusé pour un hors-jeu limite (26e), avant que la frappe de Müller ne soit détournée in extremis par un défenseur du Borussia (28e). Contrairement à Robben, trop prévisible et bien muselé, Ribéry donnait du fil à retordre à Piszczek, le prenant régulièrement de vitesse, sans toutefois se montrer assez précis dans la dernière passe pour faire la différence.

La dernière occasion de cette excellente première période allait être à l’actif de Dortmund, Lewandowski puis Barrios se montrant incapables de conclure suite à une partie de billard dans la surface du Bayern. A la pause, l’avantage du Borussia était mérité. Munich était battu au milieu de terrain et fébrile en défense, tandis que les hommes de Jürgen Klopp faisaient preuve d’une grande intelligence tactique pour museler les attaquants munichois.

A la reprise, le rythme retomba quelque peu, les deux équipes ayant beaucoup donné en première période. Dortmund laissait le ballon au Bayern, et se montrait suffisamment solide pour ne pas être inquiété. Et après une première alerte sur une frappe du remuant Götze (59e), Hummels, allait plier le match, reprenant en pleine lucarne un corner de Lewandowski (1-3, 60e). Incapable de varier son jeu offensif, Robben était toujours aussi peu influent, tout comme Gomez, étouffé par la charnière centrale du Borussia.

Le Borussia vers le titre

Dortmund resta bien organisé, tandis que la circulation de balle du Bayern était trop lente pour créer des décalages. La mauvaise prestation de Schweinsteiger, essentiel pour la fluidité du jeu de son équipe, n’arrangea pas les choses. Le Borussia gérait intelligemment son avance, même si le Bayern eut quelques timides opportunités de revenir, par Gomez (75e), Ribéry (79e) ou Kroos (80e). Ce Dortmund-là était bien trop fort pour un Bayern bien terne.

Le Borussia réalise ainsi, à la faveur de cette victoire convaincante (1-3), une excellente opération dans la course au titre, reléguant le Bayern à 16 points, et à la quatrième place. Gagnant la bataille tactique, Jürgen Klopp et ses hommes se sont affirmés en véritables patrons de la Bundesliga à l’Allianz Arena. Avec treize points d’avance sur son dauphin (Leverkusen) à dix journées de la fin, le titre ne devrait pas leur échapper.

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