Une élimination qui arrange Lille

Après avoir concédé le nul à l’aller dans le Nord (2-2), le LOSC s’est fait éliminer des seizièmes de finale de l’Europa League à Eindhoven par le PSV, s’inclinant logiquement (3-1). Lille peut maintenant se concentrer sur le championnat et la Coupe de France.

Le match aller avait laissé des regrets aux Lillois. En tête de deux buts (Gueye, De Melo), ils s’étaient relâchés en fin de match, permettant au PSV Eindhoven de revenir (2-2). Il faut dire que Rudi Garcia avait largement fait tourner, mettant au repos 80% de ses titulaires. Le match retour n’allait pas déroger à la règle, Lille donnant clairement la priorité au championnat et à la Coupe de France. Trois jours avant la réception de Lyon, le LOSC avait donc de nouveau fait tourner. C’était aux remplaçants habituels d’aller chercher la qualification face à l’équipe type du PSV.

Le PSV s’est présenté avec pratiquement la même équipe qu’à l’aller, dans un 4-2-3-1 porté vers l’offensive, notamment grâce au soutien des défenseurs latéraux. Au milieu, la paire Engelaar-Hutchinson était chargé de la récupération, et Toivonen, devant eux, d’organiser le jeu et de lancer les ailiers, Dzsudzsak et Lens. Seul en pointe, Berg ne manquait ainsi pas de soutien.

Côté Lillois, Rudi Garcia avait également reconduit une équipe grandement similaire à celle du match aller, seul Debuchy, Chedjou et Landreau étant remplacés par Mavuba, Rami et Mouko. Le dispositif restait le même, un 4-3-3. Dans l’entrejeu à l’aller, Vandam retrouvait son poste d’arrière droit. L’axe du milieu de terrain lillois était composé de Mavuba en sentinelle devant sa défense, et de Gueye et Dumont légèrement plus avancés. Sur les côtés, Frau et Obraniak permutaient beaucoup, et soutenaient De Melo, seul en pointe, chargé de peser sur la défense hollandaise.

Domination du PSV

D’entrée, le PSV installa sa domination. Positionné assez bas, le bloc lillois tentait tant bien que mal de ressortir vite dès la récupération du ballon. Mais par les montées incessantes de Manolev côté droit et les percussions de Dzsudzsak à gauche, Eindhoven mettait la pression.. La première alerte intervint après un peu moins de dix minutes de jeu, quand Berg trouva le poteau de Mouko suite à un centre fuyant de Manolev (9e).

Le jeu rapide du PSV, bien orchestré par un Toivonen très mobile entre les lignes, gênait les défenseurs lillois. La complémentarité du milieu hollandais, entre la puissance physique d’Engelaar, l’activité d’Hutchinson, et la technique de Toivonen, lui permettait de gagner la bataille du milieu. La deuxième alerte vint d’ailleurs du Suédois de la tête sur corner, mais il ne trouva pas le cadre (16e).

Battu dans les duels, trop laxiste dans le marquage, Lille ne parvenait pas à ressortir, la faute à un important déchet technique. Le pressing haut du PSV n’y était pas pour rien, et le décalage avec l’apathie hollandaise du match aller était flagrant. Mais contre le cours du jeu, sur sa première véritable occasion, le LOSC allait se montrer réaliste. Sur un long dégagement de Mouko, De Melo déviait de la tête pour Frau, qui prenait de vitesse la charnière centrale d’Eindhoven et glissait le ballon entre les jambes d’Isaksson (0-1, 23e). Le hold up parfait.

Un temps assommé, le PSV n’allait pas tarder à repartir de l’avant, toujours en jouant rapidement vers les ailes. Et en fin de première mi-temps, la menace se précisait. Mais Dzsudzsak (40e), Toivonen (45e) et Berg (45e+1) ne parvinrent pas à trouver la faille. À la pause, l’avantage lillois était miraculeux tant le LOSC avait subi la domination hollandaise. Le manque de rythme était évident côté nordiste, mais les hommes de Rudi Garcia avaient su se montrer réaliste.

Toivonen comme Giggs

À la reprise, Lille eu quelques opportunités : un coup franc d’Obraniak à côté (50e), un centre manqué d’Emerson sur l’arête du but d’Isaksson (51e). Mais ce n’était qu’un feu de paille, le PSV reprenant sa domination. Sous pression, la défense lilloise commençait à prendre l’eau, notamment sur les côtés, où Dzsudzsak et Lens malmenaient Vandam et Emerson. Et après une première tentative de Lens (53e), c’est le malin Toivonen qui allait finalement égaliser, en jouant rapidement un coup franc. Surpris, Mouko ne pouvait rien (1-1, 55e). Mérité mais à la fois cruel pour le LOSC, à qui ce but rappelle forcément celui concédé à Ryan Giggs en 2007, lors du 8e de finale de Ligue des Champions face à Manchester United (0-1).

Les affaires lilloises allaient ensuite sérieusement se compliquer avec l’expulsion de Frau pour un deuxième carton jaune (62e). Il ne fallut que cinq minutes au PSV pour exploiter sa supériorité numérique. Et ironiquement, c’est Lens qui fut à la conclusion d’un beau mouvement collectif (2-1, 67e). Lille n’existait plus, et Marcelo ajouta un troisième but sur corner (3-1, 73e). Vandam, déjà fautif d’un mauvais alignement sur le deuxième but, était à nouveau en retard sur le coup.

Le match était plié, et le PSV pouvait alors tranquillement gérer la fin de rencontre, même si Sow aurait pu instiller un léger doute dans les esprits hollandais s’il n’avait pas buté sur Isaksson (88e). Au final, la défaite lilloise est on ne peut plus logique. Le PSV, qui a joué le coup à fond, passe donc en huitièmes.

Mais cette élimination est certainement un mal pour un bien. En faisant autant tourner, Rudi Garcia avait clairement annoncé la couleur : l’Europa League n’est pas un objectif. Avec le championnat et la Coupe de France à jouer, Lille peut désormais se recentrer sur ses cibles prioritaires. La réception de Lyon dimanche sera une première occasion de vérifier si le choix des Nordistes était le bon.

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