FC Barcelone 0-1 a.p. Real Madrid – Le Real a su attendre son heure

En final de la Coupe du Roi, le Real Madrid est venu à bout du FC Barcelone après prolongation (0-1).

Le Real Madrid a-t-il pris un ascendant psychologique sur le Barça ? La question se pose alors que les hommes de José Mourinho sont sortis vainqueurs du deuxième clasico en quatre jours, remportant ainsi la Copa del Rey (0-1). S’ils ont été bousculés en deuxième période, les Madrilènes ont trouvé la clé pour faire déjouer Barcelone.

Mourinho innove

Pour cette finale, Pep Guardiola avait conservé sa formation traditionnelle, mais avec une défense remaniée par rapport à samedi dernier. En l’absence de Puyol, c’est Mascherano qui formait avec Piqué la charnière centrale. Dans les buts, Pinto, titulaire pendant toute la campagne de coupe, conservait sa place au détriment de Victor Valdes.

En revanche, José Mourinho avait lui quelque peu innové. Si ses joueurs étaient disposés dans le même système que lors du précédent clasico, un 4-3-3, les hommes avaient changé. Arbeloa était aligné à droite de la défense, Sergio Ramos glissant dans l’axe. Au milieu, le trio Xabi Alonso-Pepe-Khedira était reconduit, mais le Portugais évoluait cette fois un cran plus haut, Xabi Alonso étant la pointe basse du triangle. Devant, le Real débutait sans vrai avant-centre, avec Özil et Di Maria sur les côtés et Ronaldo en pointe. Reste que le schéma de jeu était le même : rester solide pour contenir le Barça et profiter des contres.

Intensité

On s’attendait à une rencontre tendue, électrique, et la première période n’y échappa pas. D’entrée, les duels furent musclés et intenses. Le pressing agressif de chaque côté mettait le porteur de balle constamment sous pression. Chaque coup de sifflet de M. Mallenco était l’objet de vives contestations. À ce petit jeu, c’est le Real qui prenait le dessus. Supérieurs dans l’impact physique, les hommes de José Mourinho étouffaient le Barça, qui peinait à mettre en place sa circulation du ballon.

Surtout, Madrid était précis dans son jeu rapide vers l’avant dès la récupération du ballon. La qualité de passe d’Özil était particulièrement précieuse, et l’Allemand fut impliqué dans toutes les occasions du Real en première mi-temps. Un première fois en servant d’un petit ballon piqué Ronaldo, dont la frappe était repoussée sur la ligne (12e). Ensuite en s’essayant de loin à la retombée d’un corner (21e). Avant d’à nouveau lancer idéalement Ronaldo à deux reprises dans la profondeur, le Portugais étant d’abord trop court (30e) puis butant sur Pinto (36e). Enfin, c’est encore Özil qui centrait pour la tête de Pepe, sur le poteau (44e).

Du côté du Barça, le vide offensif en première période. Face aux deux lignes défensives très compactes du Real, Xavi et consorts peinaient à créer des brèches. D’autant que le travail de harcèlement de Pepe et Khedira, n’hésitant pas à aller presser Xavi ou Iniesta très haut, ne permettait pas aux chefs d’orchestre barcelonais d’organiser le jeu à leur guise.

Messi ne parvenait pas non plus à faire la différence par ses dribbles, devant se défaire systématiquement de deux voire trois défenseurs. Le Real Madrid faisait la loi dans l’axe, où il fermait efficacement les espaces. Résultat, aucune occasion pour le Barça, seulement deux frappes lointaines dont une contrée, et un jeu trop latéral. À la pause, c’est donc le Real qui paraissait un ton au dessus, ayant réussi à imposer un gros défi physique à des Barcelonais dont ce n’est pas le point fort.

Changement de physionomie

Mais la physionomie du match s’inversa après le repos, sous l’influence conjuguée de plusieurs facteurs. Un relâchement logique dans le pressing du Real, d’abord, tant il était improbable que les Madrilènes puissent tenir un tel rythme pendant 90 minutes. Plus de mobilité côté barcelonais, ensuite, permettant une circulation de balle plus rapide. De par leurs déplacements, Xavi et Iniesta réussissaient à se démarquer plus aisément, et limitaient les touches de balle pour accélérer le jeu. Le replacement plus côté droit de Messi, enfin, lui permis de sortir de l’entonnoir de l’axe.

Barcelone se montra alors bien plus percutant à l’image de Pedro, lui aussi replacé, sur le côté gauche. Décalé par Iniesta, il créait le premier le danger, mais sa frappe trouva le petit filet extérieur du but de Casillas (51e). Petit à petit, les espaces s’ouvraient dans la défense du Real, qui ne parvenait pas à ressortir proprement le ballon. Les imprécisions techniques dans la relance ne permettaient pas de reproduire le jeu direct en contre avec la même efficacité qu’en première période. Cristiano Ronaldo ne paraissait de plus pas dans un grand jour, s’entêtant à vouloir faire la différence individuellement, en vain.

Casillas garde le Real en vie

La menace se précisait sur le but madrilène. Pedro trompait même Casillas sur un service de Messi, mais était logiquement signalé hors-jeu (69e). Les dribbles de l’Argentin, comme ceux d’Iniesta, se faisaient plus efficaces et créaient des décalages. Décalé en retrait par Alves, Messi voyait son tir repoussé par le portier international espagnol (75e). Dans la foulée, il trouvait Pedro dans la surface, dont la frappe enveloppée était sortie de la lucarne par « San Iker ». Peu après, c’était au tour d’Iniesta de tenter sa chance d’une frappe croisée, mais le gardien du Real réalisait à nouveau l’exploit du bout des doigts (81e).

Grâce à Casillas, le Real était toujours vivant malgré les assauts de plus en plus pressants du Barça. C’est néanmoins Di Maria qui allait avoir la balle de match à la fin du temps réglementaire. Mais la frappe du droit de l’Argentin était claquée en corner par Pinto (90e). Prolongation.

Ronaldo trouve la faille

La physionomie du match n’évolua pas, avec un Real bien en place et discipliné défensivement, qui attendait le Barça dans son camp. Et lançait dès que possible des banderilles en contre. Après une première tentative de peu à côté (98e), Cristiano Ronaldo allait finir par trouver la faille. Suite à un une-deux parfait avec Marcelo, Di Maria centrait pour le Portugais, qui trompait Pinto de la tête (0-1, 103e).

Le Barça tenta alors de revenir, mais la fatigue se faisait sentir. La sortie d’un Villa en manque de confiance (105e) amoindrissait la force offensive catalane. C’est même Piqué qui finissait le match en position d’avant-centre. De son côté, Messi était parfaitement neutralisé, parfois illicitement, ce qui valut à Di Maria un second carton jaune (120+1). Comme pour confirmer la tradition naissante d’un Real qui ne finit jamais un match à onze face au Barça.

Rendez-vous le 27 avril

Mais au final, c’est donc bien le Real Madrid qui sort vainqueur de ce troisième clasico de la saison. Mourinho y est bien évidemment pour beaucoup, ayant su mettre en place un bloc défensif très solide, discipliné et parfaitement organisé. Certes, pour le beau football, on repassera. Le génie tactique de Mourinho est néanmoins aussi intéressant à étudier que le jeu barcelonais. Y a-t-il d’ailleurs une autre méthode pour battre le Barça ? Rien n’est moins sûr. La seconde période a cependant montré que même l’organisation défensive de Mourinho pouvait être mise à mal par un Barça plus fringant.

Il reste deux clasicos à disputer cette saison, ceux de la demi-finale de la Ligue des Champions. Le match aller, le 27 avril prochain, aura lieu au stade Santiago Bernabeu. Le Real l’abordera en pleine confiance, avec le sentiment sûrement justifié d’avoir pris un ascendant psychologique sur le Barça. La réaction barcelonaise sera en ce sens observée de près, tout comme les décisions tactiques de Pep Guardiola pour parvenir à briser l’impressionnante organisation madrilène. Longtemps vu comme inarrêtable, le schéma de jeu qu’il a construit bute aujourd’hui sur l’intelligence tactique de José Mourinho. Au technicien catalan de prouver qu’il est lui aussi un grand entraîneur.

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