Lionel Messi a été sacré 56e Ballon d’Or de la FIFA, son troisième trophée consécutif. Retour sur le vote des capitaines des sélections nationales.
Pour qui ont respectivement voté les capitaines africains, américains, asiatiques, européens et océaniens ? Le trio final a-t-il été plébiscité par tous ces électeurs ? Quelles analyses peut-on tirer du vote des capitaines ? Suite de notre dossier statistique consacré à l’élection du FIFA Ballon d’Or 2011.
Le vote des capitaines
Quatre joueurs se sont détachés du lot dans le vote des capitaines, le même quatuor, dans l’ordre, que celui du classement final. Messi a recueilli plus de 40% des suffrages, deux fois plus que son dauphin Cristiano Ronaldo. Xavi et Iniesta suivent, séparés par moins de 2%. Ils ne sont que huit à dépasser le 1%, c’est dire l’unanimité autour des quatre premiers qui concentrent 85% des voix. On notera que certains joueurs, tels Xabi Alonso et Dani Alves, ont réalisé un score meilleur que leur classement final. Un gardien, un défenseur, quatre milieux et quatre attaquants parmi les dix premiers, le vote des capitaines a été plutôt équilibré en terme de postes.
Les Africains
Les capitaines africains, s’ils ont eux aussi largement plébiscité Messi et voté pour le trio final dans le bon ordre, ont placé Eto’o, leur seul représentant, à la quatrième place, avec 6,56% des voix. Une confirmation que la préférence continentale a cours dans l’élection du Ballon d’Or, puisqu’il réalise là son meilleur score. Neymar (6e, 2,32%) est lui aussi particulièrement bien classé, profitant notamment du vote de Nayaho, le capitaine du Burundi, qui l’a cité en premier choix. Abidal (9e, 1,16%), Schweinsteiger et Benzema (10 et 11e, 0,77%) réalisent eux aussi un bon score. Un vote qui se distingue donc par son originalité, mettant en avant des joueurs certainement trop peu reconnus ailleurs. On notera le vote de Samuel Eto’o, capitaine camerounais, uniquement destiné à ses anciens coéquipiers du Barça : 1. Messi, 2. Xavi, 3. Iniesta.
Les Américains
Premier constat marquant : le vote des capitaines américains ne s’est réparti qu’entre douze joueurs. Rooney ou Eto’o n’ont ainsi recueilli aucun suffrage. Dans le quatuor de tête, du classique, avec un Messi tout proche des 50%. Hormis Dani Alves, tous les Américains nominés ont été cité au moins une fois. On en compte ainsi quatre (sur six) parmi les dix premiers. Mais un gouffre sépare Iniesta (4e) du reste de la meute, signe qu’hormis les quatre premiers, personne n’est réellement sorti du lot. Neymar, le phénomène brésilien, a même réalisé un moins bon score que dans le vote africain.
Si Guy George, le capitaine de Sainte-Lucie, n’a apparemment pas compris le principe de l’élection en ne donnant qu’un seul nom, celui de Messi, omettant ses deuxième et troisième choix, l’Argentin a lui opté pour un vote du coeur. Le Barcelonais a ainsi placé Xavi et Iniesta aux deux premières places, citant ensuite son compatriotie Sergio Agüero à la troisième place.
Les Asiatiques
On ne change pas un quatuor qui gagne. Messi, Ronaldo, Xavi et Iniesta pointent en tête du vote des capitaines asiatiques, mais quelques belles surprises suivent. La première, la belle cinquième place du seul gardien nominé, Iker Casillas, avec 4,17% des voix. Il doit ce bon score au vote des capitaines chinois et de Macau, qui lui ont attribué les cinq points de la première place. Xabi Alonso et Müller (6 et7e, 2,65%), ensuite, tous deux des atouts précieux en club comme en sélection mais œuvrant dans l’ombre de joueurs plus médiatiques. Si les attaquants ont les faveurs asiatiques (six dans le top 10), des joueurs différents sont mis en avant. Bilal Rajab, le capitaine qatari, n’avait lui d’yeux que pour Messi, n’indiquant pas ses deuxième et troisième choix.
Les Européens
Petite particularité dans le vote des capitaines européens, le plus important en quantité, la troisième place d’Iniesta, qui devance d’un rien Xavi. Messi et Ronaldo sont eux loin devant aux deux premières places. Les Européens ont avant tout voté pour des Européens : derrière l’évidence Messi, on compte six joueurs du Vieux Continent, sept au total dans le Top 10. Un vote qui s’est réparti assez équitablement entre attaquants (cinq) et milieux (quatre), laissant quand même une place à Casillas à la septième place. Les deux joueurs allemands, Müller et Schweinsteiger, n’ont recueilli aucun suffrage, ce que l’on peut interpréter de deux manières : la Bundesliga souffre d’un déficit médiatique à l’échelle européenne, qui pénalise ses meilleurs joueurs dans ce vote ; la sélection allemande est jugée avant tout comme un collectif, rendant difficile le choix d’un joueur en particulier.
Si le capitaine estonien a cité Casillas à la première place, le portier espagnol apparaît sur le podium des choix d’Hugo Lloris. Votant en tant que capitaine français, le Lyonnais l’a placé derrière Messi et Ronaldo. Casillas qui a lui voté pour deux de ses équipiers du Real, Ronaldo et Özil, se montrant beau joueur pour son troisième choix, donné à Messi. Enfin, comme ses homologues de Sainte-Lucie et du Qatar, Aaron Hughes, le capitaine nord-irlandais, n’a voté que pour Messi.
Les Océaniens
Le vote des capitaines océaniens, très minoritaire et faible en quantité, a livré une surprise, avec la troisième place de Sergio Agüero, peu plébiscité sur les autres continents, derrière les intouchables Messi et Ronaldo. On notera le vote original du capitaine tongien, qui a placé Dani Alves en premier choix, ce qui permet au Brésilien de figurer à la sixième place.
Conclusion
A quelques exceptions près, les capitaines de tous les continents ont élu le quatuor qui a fini en tête du classement final. Il est en outre frappant de remarquer la similitude dans les courbes de vote : Messi toujours autour des 40%, Ronaldo des 20%, Xavi et Iniesta autour des 10%, et les miettes pour le reste. On peut donc dégager un certain consensus autour de ces quatre noms, qui se retrouve d’ailleurs dans le classement final. Une uniformité dans le vote qui renforce la légitimité du vainqueur, mais qui inquiète quant au manque de diversité des points de vue sur le football, et certainement aussi des connaissances : combien de capitaines, hormis ceux qui l’ont affronté avec le Brésil, ont réellement vu Neymar jouer sur un match entier ?
On a pu noter, en outre, une certaine préférence nationale, continentale ou de club dans le vote des capitaines, qui s’apparente parfois plus, pour les joueurs directement concernés, à un échange d’amabilités et à des faveurs personnelles qu’à un suffrage réellement objectif. Paradoxalement, les votes les plus pertinents et éclairés seraient peut-être ceux de capitaines désintéressés, sans aucun lien avec les nominés.
Lire aussi :
FIFA Ballon d’Or 2011 – Messi, une évidence
FIFA Ballon d’Or 2011 – L’élection en chiffres
FIFA Ballon d’Or 2011 – Le vote des continents
FIFA Ballon d’Or 2011 – Le vote des sélectionneurs
FIFA Ballon d’Or 2011 – Le vote des journalistes












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