FIFA Ballon d’Or 2011 – Le vote des sélectionneurs

Lionel Messi a été sacré 56e Ballon d’Or de la FIFA, son troisième trophée consécutif. Retour sur le vote des sélectionneurs nationaux.

Pour qui ont respectivement voté les sélectionneurs africains, américains, asiatiques, européens et océaniens ? Le trio final a-t-il été plébiscité par tous ces électeurs ? Ce vote se différencie-t-il de celui des autres collèges ? Quelles analyses peut-on tirer du vote des sélectionneurs ? Suite de notre dossier statistique consacré à l’élection du FIFA Ballon d’Or 2011.

Le vote des sélectionneurs

Les sélectionneurs ont eux aussi voté en majorité pour le quatuor Messi – Ronaldo – Xavi – Iniesta, à peu près dans les mêmes proportions que les autres collèges électoraux. Messi a toutefois fait encore plus l’unanimité, approchant les 50%. Principales différences par rapport au vote des capitaines : le bon classement final de Diego Forlán, et au contraire un Dani Alves jamais mentionné. Les attaquants sont majoritaires dans les dix premiers, avec six représentants.

Les Africains

Les sélectionneurs africains n’ont eu d’yeux que pour deux joueurs en 2011 : Messi et Ronaldo, qui totalisent 73,90% des suffrages à eux deux. Aucun autre ne dépasse les 10%. Xavi complète le podium, et Samuel Eto’o, dont les performances sont scrutées chaque semaine et bien mieux valorisées sur le continent africain, s’intercale devant Iniesta. Ils sont sept à n’avoir obtenu qu’un point, cités en troisième choix. On notera le bon classement de Karim Benzema, placé en première position par le sélectionneur burundais Adel Amrouche.

Les Américains

Si Messi a fait l’unanimité auprès des sélectionneurs dans le monde, c’est encore plus marqué parmi ceux de son continent, qui l’ont, pour beaucoup, affronté avec l’Argentine. Les performances en demi-teinte de la Pulga en sélection n’ont apparemment pas eu d’incidence importante. Comme chez les sélectionneurs africains, le vote des Américains a mis en valeur, plus qu’ailleurs, un joueur continental, en la personne de Diego Forlán. Le Brésilien Neymar a aussi fait bonne impression, bénéficiant d’une audience supérieure sur le continent américain.

Les Asiatiques

Hormis Messi, les sélectionneurs asiatiques ont plébiscité les Européens, avec neuf joueurs parmi les dix premiers. Leur vote est d’ailleurs le plus équilibré des techniciens, avec cinq joueurs au dessus des 5%. Iniesta devance ici son coéquipier Xavi, et Casillas décroche une belle cinquième place, placé en premier choix par son compatriote José Antonio Camacho, sélectionneur de la Chine, mais aussi par le technicien de Macau. Quatre attaquants seulement dans le top 10, pour six milieux et un gardien.

Les Européens

Comme les Asiatiques, les sélectionneurs du Vieux Continent n’ont placé qu’un joueur non européen dans les dix premiers, Lionel Messi, proche des 50%. Le Barça, avec cinq joueurs, domine ce classement, dans lequel les défenseurs, avec deux représentants (Abidal et Piqué), sont enfin mis en avant. Casillas, en revanche, a été plutôt délaissé, comme ses coéquipiers du Real Madrid. Un signe de l’importance qu’a certainement eu le scénario des Clasicos entre les deux géants espagnols, tournant en faveur du Barça. En revanche, Sneijder et Schweinsteiger, appréciés notamment pour leurs performances en sélection, figurent en bonne place. A noter le vote de Laurent Blanc : 1. Messi, 2. Piqué, 3. Forlán.

Les Océaniens

Marginal et limité, le vote océanien n’a pas pour autant rompu la tendance des choix des sélectionneurs. Messi a ainsi suscité une importante adhésion autour son nom. Seul fait marquant : le mauvais classement de Xavi, à la septième place. Suárez a profité du nombre limité de votes (qui s’est concentré sur onze joueurs) pour réaliser un bon score.

Conclusion

Comme chez les capitaines, Messi, Cristiano Ronaldo, Xavi et Iniesta ont, à quelques nuances près, été plébiscité par les sélectionneurs du monde entier. On peut toutefois ressortir un vote parfois plus équilibré en terme de répartition des postes, à l’image des choix asiatiques et européens. Là où, pour les capitaines, les performances en club priment le plus souvent comme critère de jugement, les sélectionneurs sont influencés par ce qu’ils observent lors des confrontations internationales. Ce qui explique le bon classement de Forlán, Özil ou Müller, plus mis en valeur en sélection qu’en club. En observateurs avisés, les sélectionneurs semblent  par ailleurs un collège d’électeurs mieux informé et plus expert que les capitaines, qui ne suivent pas tous l’actualité footballistique mondiale de près et de manière exhaustive. Les choix ont en outre paru moins influencés par des affinités personnelles, à l’image de ceux de l’Allemand Joachim Löw, qui ne cite pas ses compatriotes : 1. Xavi, 2. Messi, 3. Iniesta.

 

Lire aussi :
FIFA Ballon d’Or 2011 – Messi, une évidence
FIFA Ballon d’Or 2011 – L’élection en chiffres
FIFA Ballon d’Or 2011 – Le vote des continents
FIFA Ballon d’Or 2011 – Le vote des capitaines
FIFA Ballon d’Or 2011 – Le vote des journalistes