Pour la 22e journée de Premier League, Manchester City s’est imposé face à Tottenham (3-2) à l’Etihad Stadium.
White Hart Lane, dimanche 28 août. 3e journée de Premier League. À domicile, Tottenham prend une gifle en s’inclinant lourdement (1-5) face à un Manchester City en pleine bourre. Un déclic. Depuis, les Spurs, renforcés par Adebayor et Parker, ont tenu un rythme fou. Au moment de se déplacer à Manchester pour un match retour au goût de revanche, ils pointaient à cinq points du leader, City. Les Citizens, quant à eux, marquaient le pas, notamment offensivement, depuis quelques semaines. Mais les hommes de Roberto Mancini pouvaient s’appuyer sur une statistique impressionnante : City avait engrangé 58 points sur 60 lors de ses vingt derniers matchs à domicile en championnat.
Les compos
Roberto Mancini avait reconduit son organisation habituelle, sorte de compromis entre 4-4-2 et 4-2-3-1 avec Agüero en soutien de Dzeko. Au milieu, le duo Milner – Barry à la récupération et à la première relance, chargé de trouver Silva et Nasri, accélérateurs chacun sur un côté. Derrière, Richards retrouvait le côté droit, et Savic était titularisé aux côtés de Lescott dans l’axe en l’absence de Kompany, suspendu.
De son côté, Harry Redknapp avait quelque peu modifié son organisation tactique. En l’absence d’Adebayor, indisponible en raison d’une clause dans son contrat de prêt par Manchester City, Defoe était aligné en pointe. C’est Modric qui évoluait en soutien, et non Van der Vaart comme à l’accoutumée. Le Hollandais était placé plus bas, aux côtés de la sentinelle Scott Parker. Sur les ailes, la vitesse de Bale à gauche et Lennon à droite, devant deux latéraux offensifs, Walker et Assou-Ekotto. En défense, Ledley King était préféré à Dawson aux côtés de Kaboul.
City en difficulté côté droit
L’entame de match était à l’avantage de Tottenham. Mobiles, les Spurs faisaient preuve d’une belle maîtrise technique dans la circulation du ballon en passes courtes, autour du trio Modric – Van der Vaart – Bale. Si les Londoniens pressaient haut, gênant la relance de défenseurs de City contraints d’allonger, ils ne subissaient pas de pressing intense dans l’entrejeu. Parker se montrait agressif à la récupération, et le travail défensif minimal des quatre joueurs offensifs de City coupaient l’équipe en deux, offrant une supériorité numérique à Tottenham au milieu.
Manchester manquait de mobilité. Silva, contraint de décrocher très bas pour s’extirper du marquage de Parker et lancer les attaques, et Nasri se recentraient pour libérer les couloirs aux montées toutefois trop rares de leurs latéraux. En ne se projetant jamais vers l’avant, Milner et Barry facilitaient la tâche défensive des Spurs, en surnombre dans l’axe avec le repli de Modric.
Après un premier quart d’heure difficile, City haussait le ton, évoluant plus haut et s’imposant enfin dans les duels. Mais le manque de rigueur défensive de Silva, qui abandonnait régulièrement son aile droite, mettait en difficulté le bloc défensif mancunien. Bale attirait Richards vers l’axe, et Assou-Ekotto s’engouffrait dans l’espace libéré pour créer un décalage. Mais jamais les centres de l’ancien Lensois ne trouvèrent preneur.
La rencontre tourna peu à peu à une bataille dans l’entrejeu, chaque équipe pressant instantanément son adversaire à la perte du ballon. Tottenham perdit son emprise technique et peina à son tour à ressortir proprement. Defoe ne faisait pas le poids sur les longs ballons aériens. Agüero, peu disponible depuis le début de la rencontre, se montra plus mobile, prenant les intervalles. Sur un coup franc rapidement joué, l’Argentin résistait à Kaboul pour servir Silva dans la surface, dont la frappe croisée passait à côté (26e). Après une récupération haute de Richards à droite, l’attaquant butait ensuite sur Friedel (30e). Les deux seules occasions de la première période.
Car si les Citizens avaient retrouvé de la vigueur, leur manque d’harmonie collective, notamment dans les déplacements, était criant. Au contraire, Tottenham, dès qu’il le pouvait, s’appuyait sur les déplacements incessants de ses milieux pour ressortir les ballons en passes courtes. Mais en l’absence d’Adebayor, les Spurs manquaient clairement de poids devant. À la pause, le score nul et vierge était logique.
Dix minutes de folie
Les Mancuniens accentuèrent leur pression dès le retour des vestiaires, mettant encore plus d’intensité dans leur pressing. Et se déplacèrent enfin de manière complémentaire. Silva en possession du ballon aux 35 mètres, Dzeko décrochait. Nasri s’engouffrait depuis l’aile dans l’espace libéré, l’Espagnol le servait parfaitement plein axe, et l’ancien Marseillais ouvrait le score d’une belle frappe sous la barre (1-0, 56e). Pratiquement dans la foulée, Lescott, suite à une déviation de Dzeko sur un corner de Nasri, se jetait et doublait la mise (2-0, 59e).
On pensait alors le match plié par le surplus de motivation et d’allant des Citizens. Mais c’était sans compter sur une erreur du point faible de la défense mancunienne, le jeune monténégrin Stefan Savic, titularisé en l’absence de Kompany. Sur une longue ouverture de Kaboul, il était court et manquait sa tête. Cela profitait à Defoe, qui devançait la sortie de Hart pour relancer Tottenham (2-1, 60e). Il fallait cette défaillance individuelle à une attaque des Spurs qui peinait dans la dernière passe. La rencontre s’emballait.
Servi côté gauche, où Silva abandonnait une nouvelle fois son replacement défensif, Lennon, qui avait permuté, repiquait dans l’axe et servait Bale, légèrement en retrait. Le Gallois enveloppait sa frappe du gauche, dans la lucarne de Hart (2-2, 65e). Le match, complètement fou l’espace de dix minutes, revint peu à peu à un rythme moins enlevé. City, qui avait fini par imposer sa supériorité physique, dominait territorialement sans parvenir à inquiéter Friedel, malgré l’entrée de Balotelli (66e).
De son côté, Tottenham comptait sur la vitesse de ses ailiers en contre. Les décrochages de Bale lui permettaient d’arriver lancé sur la défense mancunienne. Les Spurs tenaient bon, sous l’impulsion d’un Kaboul impérial dans les airs et solide dans les duels. L’entrée de Livermore à la place de Van der Vaart (68e) était destinée à solidifier le milieu de terrain. Les Londoniens évoluaient désormais en bloc compact et assez bas, fermant les espaces entre les lignes où Silva et Balotelli sont le plus dangereux. Dès qu’ils en avaient l’occasion, ils mettaient le pied sur le ballon pour soulager leur défense.
Et sur une nouvelle erreur de Savic, les hommes d’Harry Redknapp allaient avoir l’occasion de l’emporter. Un mauvais contrôle du Monténégrin dans le rond central profitait à Livermore, qui lançait Bale côté gauche. En deux contre un avec Defoe, le Gallois choisissait de déborder Lescott, avant de centrer au cordeau. Defoe se jetait dans les six mètres… mais était trop court pour redresser le ballon, qui frôlait le poteau (90e+1). Tottenham avait laissé passer sa chance. Car trois minutes plus tard, sur un dégagement anodin de Clichy, la défense des Spurs, remontant, était prise à revers. King fauchait Balotelli dans la surface, penalty indiscutable. « Super Mario », auteur d’un coup au visage suspect sur Parker un peu plus tôt, se faisait justice (3-2, 90e+5).
Regrets londoniens
Un revers cruel qui risque de laisser des traces chez les Spurs. Tottenham regrettera longtemps l’occasion manquée par Defoe, qui lui aurait permis de revenir à deux petits points du leader de Premier League. Mais les Londoniens ont malgré tout montré qu’ils avaient franchi un cap cette saison, notamment dans la gestion des rencontres face aux gros. Là où un complexe d’infériorité les tétanisait lors de leurs déplacements chez les favoris, ils n’hésitent plus à prendre le jeu à leur compte. Avec Bale et Modric, ils comptent dans leurs rangs deux atouts de poids. Certes, avec huit points de retard sur City, le titre s’est clairement éloigné dimanche. D’autant que les calendriers des deux équipes sont diamétralement opposés, Tottenham affrontant Arsenal, Liverpool, l’autre Manchester et Chelsea dans les semaines à venir lorsque City n’évoluera que contre des équipes de milieu ou bas de tableau. Mais les Spurs s’affirment peu à peu comme une équipe sur laquelle il faudra désormais compter dans la lutte pour le titre.


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