PL, Tottenham 1-1 Wolverhampton – Tottenham a manqué de jus

Pour la 21e journée de Premier League, Tottenham a concédé le nul (1-1) face à Wolverhampton à White Hart Lane.

Tottenham, invité surprise de la course au titre en Premier League, avait une rencontre à sa portée pour rester au contact des deux Manchester. Avec trois points de retard sur le leader, City, et le même total que le dauphin, United, les hommes d’Harry Redknapp sont, pour les observateurs outre-Manche, de sérieux prétendants au titre. D’autant qu’avec huit points d’avance sur Chelsea (4e), ils ont fait le trou. Surtout, les Spurs sont considérés comme l’équipe développant actuellement le meilleur football d’Angleterre. Un nouveau statut à assumer dans ces matchs pièges face aux équipes de bas de tableau, qu’un véritable candidat au sacre se doit de remporter.

Les compos

On ne change pas une formule qui gagne. Harry Redknapp avait reconduit son habituel 4-4-1-1. Seul en pointe, Adebayor était soutenu par Van der Vaart. Bale à gauche et Lennon à droite étaient chargés de percuter dans les couloirs, tandis que Parker, de retour de blessure, et Modric occupaient l’axe. Derrière, les latéraux Walker et Assou-Ekotto devaient eux aussi apporter offensivement.

Côté Wolverhampton, si Mick McCarthy avait lui aussi opté pour un 4-4-1-1, son organisation était bien plus défensive. Deux récupérateurs purs étaient alignés devant la défense à quatre, Frimpong, prêté par Arsenal, et Henry. La création du jeu revenait à Jarvis et Kightly, dans les couloirs. Edwards était lui en soutien de Fletcher, seul en pointe.

Wolverhampton réaliste

Le match a du mal à démarrer, haché par les fautes. Tottenham, désireux de s’affirmer en patron, fait le forcing. Lennon, servi dans la surface par Walker, remet en retrait pour Modric, dont la frappe passe à côté (4e). La supériorité technique des Spurs ne tarde pas à se faire sentir. La qualité de passe de Parker et Modric permet de ressortir les ballons, tandis que les nombreux mouvements des joueurs offensifs créent des espaces. Bale et Lennon repiquent dans l’axe, libérant le couloir pour Assou-Ekotto et Walker, très portés vers l’avant. Van der Vaart et Adebayor décrochent et ouvrent des brèches pour les projections vers l’avant de Modric et Parker.

Ces derniers compensent intelligemment leurs montées respectives. Adebayor, très disponible sur tout le front de l’attaque, est un point d’appui souvent efficace, parfois imprécis, pour exploiter les percussions des milieux. Ces mouvements permettent aux Spurs de se trouver entre la défense et le milieu à plat de Wolverhampton.

Les Wanderers, au jeu plus direct, se montrent bien organisés défensivement, avec un bloc compact et dense dans l’axe grâce au renfort d’Edwards en phase défensive. Tottenham tente de le contourner en passant par les ailes, son point fort. Assou-Ekotto et Walker, très en vue, font souvent la différence. Mais leurs nombreux centres manquent de précision ou ne sont pas bien exploités par leurs équipiers.

Sur une rare incursion des Wolves, Jarvis obtient un corner inexistant. L’ailier s’en charge et trouve la tête de Johnson, que Friedel repousse. Fletcher est à la conclusion dans les six mètres (0-1, 22e). Beau réalisme de Wolverhampton qui concrétise sa première occasion sur l’un de ses points forts, les coups de pied arrêtés.

Après cette ouverture du score, les Wanderers se montrent encore plus agressifs et plus pressants dans l’entrejeu. Parker, Modric et Van der Vaart sont serrés de près. Frimpong se charge du milieu des Spurs le plus haut, souvent Van der Vaart, Henry de Modric pour faire parler sa puissance, et Edwards de Parker. La vivacité de Modric lui permet toutefois de se défaire de cet étau.

Si Tottenham parvient sans trop de problèmes à s’installer dans le camp de Wolverhampton, se créer des occasions est plus compliqué. Les Spurs manquent de justesse technique dans les trente derniers mètres, multipliant les passes et contrôles ratés. Les hommes d’Harry Redknapp se montrent en outre imprécis dans leurs frappes aux abords de la surface, malgré plusieurs belles possibilités. Modric écrase ainsi sa volée après un centre d’Assou-Ekotto dégagé par Ward (33e).

Face au gros travail défensif du milieu de terrain des Wolves, sous l’impulsion d’Henry, Tottenham peine de plus en plus à créer des décalages. Kaboul tente d’apporter le surnombre en montant balle au pied, mais ses lacunes techniques ne lui permettent pas de faire la différence. Les Spurs récupèrent les ballons trop bas et manquent de vitesse dans les remontées de balle, laissant du temps à Wolverhampton pour se replacer. La domination londonienne reste stérile. Adebayor croit pourtant ouvrir le score avant la pause sur un centre d’Assou-Ekotto dévié par Bale. Mais le joueur le plus signalé hors-jeu de Premier League l’est une fois de plus. Peut-être à tort, Foyle semblant couvrir côté droit (44e).

Modric égalise

Tottenham attaque fort la seconde période, mettant plus d’impact et d’agressivité dans son pressing. Celui lui permet de récupérer la balle plus haut. C’est pourtant Wolverhampton qui se montre dangereux le premier : l’excellent Jarvis déborde côté gauche et centre, Kaboul repousse sur Frimpong, dont la volée est écartée par Friedel (49e). La seule occasion des Wolves après le repos.

Deux minutes plus tard, Tottenham réussit enfin à revenir. Bale côté gauche décale Modric dans l’axe. Le Croate cadre enfin une frappe aux vingt mètres et surprend Hennessey (1-1, 51e). Les Spurs tentent d’emballer le match. Un centre de Bale parvient à Lennon au second poteau, qui fixe et joue en retrait sur Modric. La nouvelle tentative à ras de terre du milieu de terrain, que tente de dévier Adebayor, est repoussée une première fois par Hennessey. Lennon reprend, le portier gallois se jette sur sa ligne (54e).

Tottenham insiste sur les ailes. Les décrochages de Bale et Lennon libèrent de l’espace dans leur dos, exploité par Assou-Ekotto et surtout un Walker déterminé. Mais il manque parfois de la vitesse dans les transmissions à des Londoniens peut-être trop patients. Car Wolverhampton, s’il presse moins et est acculé devant sa surface, reste bien organisé, rigoureux défensivement et solidaire. Les Wanderers ne parviennent certes à ressortir les ballons que par des raids individuels voués à l’échec de Jarvis ou Kightly sur les ailes. Mais ils profitent des maladresses récurrentes des Spurs dans le dernier geste ou la dernière passe pour préserver le résultat nul.

Wolverhampton tient bon. Van der Vaart tente sa chance aux 25 mètres sur coup franc, à côté (66e). Sentant que son équipe marque le pas physiquement, Redknapp injecte du sang neuf en faisant entrer Defoe, le « super-sub » (74e). Lequel ne tarde pas à se mettre en évidence : après une percée de Bale relayée par Adebayor pour Van der Vaart, il tente sa chance dans la surface, mais Hennessey repousse (78e).

Tottenham n’y arrive pas. Utile dans son jeu dos au but, Adebayor manque parfois de l’instinct du tueur, cherchant la passe de trop. Malgré les nombreux débordements de Walker, la défense des Wolves, sous l’impulsion d’une solide charnière centrale Johnson – Berra, ne cède pas. Centres et frappes de loin n’y changent rien.

Palier à franchir

Tottenham perd donc deux points à l’issue d’un match pourtant maîtrisé. Il a manqué de la fraîcheur aux Spurs, trois jours après leur succès en milieu de semaine face à Everton (2-0). Les Londoniens manquent l’occasion de revenir provisoirement à hauteur de Manchester City, et voient Manchester United reprendre une avance de deux points. S’il ne faut pas tirer de conclusions hâtives en se basant sur un seul match, ce nul est peut-être révélateur du palier qu’il reste à franchir aux Spurs pour être un prétendant au titre aussi sérieux que les deux clubs mancuniens.