L1, PSG 2-0 OM – Paris, cette équipe de contre

Vainqueur face à l’OM (2-0) pour le compte de la 26e journée de Ligue 1, Paris a confirmé son état d’équipe plus à l’aise en contre-attaque.

Certains ne retiendront de ce PSGOM que la première apparition de David Beckham (lire par ailleurs) sous le maillot parisien. Pourtant, il y avait bien un match de football, à enjeu qui plus est, dimanche soir au Parc des Princes. Et s’il fallait une confirmation, Paris est bel et bien une équipe de contre. Car c’est dans cette configuration que ses individualités s’expriment le mieux.

Une défense basse, compacte et organisée

La base du PSG de Carlo Ancelotti, c’est sa défense. La deuxième meilleure (16 buts encaissés) des cinq « grands » championnats européens, derrière l’impressionnante arrière-garde du Bayern Munich (8 buts encaissés). Cela passe par des individualités de talent (Sirigu, Thiago Silva, Sakho…). Mais quand celles-ci sont absentes, comme dimanche soir, l’organisation compense.

BECKHAM, PREMIÈRE

Elle était guettée depuis l’arrivée de l’Anglais dans la capitale. La première de David Beckham sous le maillot parisien, c’était dimanche soir. Dans un contexte délicat, après près de trois mois sans jouer, l’ancien Mancunien a disputé un quart d’heure encourageant.
Il est encore trop tôt pour contredire ou donner raison aux sceptiques. Beckham, dans un rôle similaire à celui de Verratti, qu’il a remplacé poste pour poste, a certes peiné à la récupération, au cœur de la pression marseillaise. Mais il a pu faire apprécier les beaux restes de sa qualité de passe. À l’image de sa remise pour Ménez, sur le but d’Ibrahimovic, alors qu’il s’était projeté vers l’avant. Un signe qu’il se sent le coffre pour ce genre d’efforts.

En phase défensive, Paris évolue en 4-4-1-1. Devant Sirigu se dressent deux lignes de quatre à plat, entre la surface et les 30 mètres. Un bloc compact, dense dans l’axe, qui limite les espaces entre les lignes. Cela force l’adversaire, comme l’OM dimanche, à jouer latéralement, et ses créateurs (ici Valbuena) à s’excentrer ou à décrocher pour être influent.

Plus avancé, l’attaquant de soutien – Lavezzi ces derniers temps – a pour charge de gêner les milieux défensifs adverses dans l’organisation du jeu. Ibrahimovic reste lui sur la charnière centrale. Avec cette organisation, un étau se met en forme : Paris abandonne le ballon (59 % de possession pour l’OM dimanche !) laisse venir et se montre intraitable dans ses trente derniers mètres. Lorsque le ballon est récupéré, l’adversaire est exposé, il y a des espaces à exploiter.

Verratti et Pastore, les pourvoyeurs

Une bonne équipe de contre a besoin d’une première passe de qualité pour exploiter ces espaces. Avec Verratti, Paris dispose d’un maître à jouer d’une grande précision technique. Matuidi, avec six interceptions, l’a souvent alimenté. Le jeune Italien a brillé dans son registre de rampe de lancement (82 % de passes réussies), dimanche soir, avec notamment six longs ballons réussis sur six tentés.

Pastore n’en a lui manqué qu’un sur ses sept tentatives. Deux totaux inhabituellement élevés pour des milieux de terrain, mais qui illustrent la volonté de jeu direct du PSG. Autre indice : le nombre total de passes jouées : 317 pour Paris, 487 pour l’OM, à l’approche plus patiente, au jeu plus court et parfois trop lent.

Lavezzi et Lucas, les accélérateurs

Dimanche soir, la première relance a souvent recherché Lavezzi. L’Argentin s’est rendu très disponible dans le dos du milieu de terrain marseillais. Il a multiplié les sprints pour remonter rapidement les ballons et prendre de vitesse la défense olympienne. Ses cinq fautes subies illustrent son potentiel déstabilisant.

Reste que l’ancien Napolitain a été malheureux dans le dernier geste (poteau sur sa volée, 2e) et la dernière passe, manquant de précision (63 % de passes réussies, aucun centre réussi sur cinq tentés) ou faisant le mauvais choix.

Lucas a été moins fringant, mais plus appliqué techniquement (88 % de passes réussies). Après l’ouverture du score heureuse d’une frappe doublement contrée (1-0, 11e), ses provocations balle au pied n’ont pas été décisives. Mais sa capacité à garder le ballon sous la pression, grâce à sa vivacité et son centre de gravité bas, a été précieuse.

OM : CELA PASSAIT PAR LES AILES

Face à un axe bouché par l’organisation parisienne, le jeu marseillais a souvent été très latéral. Cela pouvait ne pas être rédhibitoire. À condition de savoir créer des décalages sur les ailes et de les exploiter ensuite.
Par ses montées, Fanni a plusieurs fois fait la différence. Valbuena, en s’excentrant, a aussi apporté des surnombres. Mais les nombreux centres phocéens (45 !) ont rarement trouvé preneur. Gignac n’est pas à l’aise dans les airs, surtout face au gabarit d’Alex. Seule une tête d’Ayew (75e) a failli faire mouche. L’OM n’était simplement pas armé pour mettre en danger la défense parisienne sur ces phases de jeu.

Ibrahimovic, le finisseur

Dernier maillon de la chaîne, Zlatan Ibrahimovic. Le Suédois décroche en attaques placées, laissant la profondeur à Lavezzi. En contre, c’est lui qui reste au contact de la charnière centrale adverse, à l’affût sur les centres. Moins fringuant qu’en 2012, il a tout de même marqué, involontairement et du genou, son 22e but de la saison (2-0, 90e+1).

Mais il est moins inspiré dans le jeu. Erreurs techniques inhabituelles et beaucoup de marche, son attitude dilettante a déplu au Parc des Princes, qui l’a sifflé dimanche soir. Après sa remise éclair pour Lavezzi (2e), il n’a jamais déstabilisé la défense marseillaise. Une dernière passe plus précise et un buteur plus présent : c’est ce qui a manqué au PSG pour mieux faire fructifier toutes ses contre-attaques.

« Romantisme contre pragmatisme »

On dit le PSG peu flamboyant. Mais c’est son style qui l’implique. Parce qu’il est plus à l’aise en contre-attaque, le Paris d’Ancelotti donne parfois l’impression de subir, là où il y a pourtant de la maîtrise. Avec les millions d’euros dépensés, on attendrait du club de la capitale qu’il impose son jeu partout, en toute condition. Qu’il domine, écrase ses adversaires.

Il a choisi une autre voie, certes moins spectaculaire, mais efficace et non moins respectable. C’est l’éternel débat « Romantisme contre pragmatisme ». Le PSG sera peut-être champion de cette manière, et peut même aller loin en Ligue des Champions. Mais cela ne suffira peut-être pas à ses actionnaires qataris. Une équipe de contre, ce n’est pas bon pour le marketing.


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